17/01/2018 Voeux du Président et point sur la situation

Bonjour à toutes et à tous

En ce début d’année 2018, permettez-moi de vous présenter, au nom de l’Union des Ostéopathes Animaliers, nos meilleurs vœux pour cette année qui sera d’une importance capitale pour notre profession.

Je profite de cette occasion pour faire avec vous un point sur notre situation sur un dossier qui nous anime depuis presque sept ans.

Avec les décrets parus en Avril 2017, nous sommes entrés dans une nouvelle ère.

La création de l’Union des Ostéopathes Animaliers a eu pour premier objectif de représenter la parole des ostéopathes animaliers exclusifs du Syndicat des professionnels  ostéopathes animaliers exclusifs (SPOAE) , de l’Institut Professionnel des Ostéopathes animaliers mécanistes(IPOAM)  , aux centres de formations du Syndicat des (SFOAE) et des étudiants stagiaires en ostéopathie animale (afin de défendre leurs droits et de  faire valoir leurs spécificités.   

L’unité de l’ensemble des ostéopathes animaliers exclusifs que nous avons souhaité, en réunissant la  plupart des acteurs de ce dossier le 9 juin 2017, ne s’est pas réalisée. Dont acte ! Il ne faut pas baisser les bras et nous continuerons en 2018 à tendre la main  à tous, car nous restons persuadés que c’est en dépassant nos divergences que nous saurons peser devant un Ministère, qui n’attend qu’une parole officielle représentative et unitaire.

Car au-delà des intérêts individuels bien légitimes, notre objectif doit rester celui de la reconnaissance de notre profession, son autonomie et son champ de compétences spécifiques.

C’est l’objectif de  l’UOA qui a déposé un recours gracieux auprès du Premier ministre pour lequel nous n’avons eu aucune réponse. Nous avons pourtant demandé à être reçus par la DGER qui n’a également pas souhaité nous répondre. Dont acte !

Lors de l’organisation des États généraux par l’union des ostéopathes animaliers le 30 septembre 2017 à Paris, nous étions plus de 160 membres, stagiaires et professionnels. Cette réunion a permis de faire un point complet et de répondre à toutes les questions que chacun était en droit de se poser à l’aube de la mise en place d’un dispositif que nous n’avons pas souhaité.

Après vous avoir consultés, nous avons pu, en votre nom et après avoir pris tous les avis nécessaires, déposer un recours auprès du Conseil d’Etat. Le but étant d’obtenir, en l’absence de dialogue, l’annulation de tout ou partie des décrets et la transmission d’une question pour anti-constitutionnalité auprès du Conseil Constitutionnel.

Pour autant et en attendant l’issue de ces actions juridiques, ces textes s’appliquent désormais. 

Nous devons prendre le législateur au mot et vérifier le bienfondé des discours à priori bienveillants des conseillers ministériels. Nous nous sommes d’ailleurs engagés, non sans réflexion profonde, dans une participation active avec le Conseil national de l’Ordre des Vétérinaires. Plus particulièrement avec M. Guérin, son Président, au sein du comité de pilotage dans lequel l’UOA siège avec trois membres.

Ainsi, il faut noter que c’est bien le Président Guérin, après avoir consulté les membres siégeant dans ce comité,  qui s’est positionné au-delà des préconisations du Ministère considérant qu’il était important de permettre aux professionnels exclusifs de plus de cinq années et aux étudiants sortants, d’adapter les volumes horaires à 1200 heures par année, correspondant à la situation actuelle des centres de formation et non sur un modèle qui bien que vertueux s’avérait irréaliste.

Ainsi, comme vous le savez, il nous est possible de nous présenter aux épreuves d’aptitudes du CNOV si nous sommes en capacité de certifier que nous possédons 5 ans ou 3 ans d’études supérieures après le bac, selon les situations. Ces études étant définies par le CNOV par un cursus annuel de 1200 heures correspondant peu ou prou à la définition des ECTS. C’est-à-dire d’un temps de travail présentiel en cours et de travail personnel incluant les stages. Les établissements sérieux répondent à ces dispositions.

Cette nouvelle période qui s’ouvre est celle de la mise en œuvre concrète du dispositif.

Répondant à ces préconisations, des professionnels  se sont inscrits aux premières épreuves qui se sont déroulées dans les locaux d’Oniris à Nantes le 14 Décembre 2017.

6 candidats sur 10 ont été reçus pour ces premières épreuves qui étaient évaluées par un  jury composé exclusivement de vétérinaires comme précisé par les textes. Saluons le courage et la réussite de notre confrère Alexis Lion, membre du bureau de l’UOA  et du comité de pilotage en sa qualité de Président du SPOAE. Il conviendra de comprendre, lors du prochain comité de pilotage qui aura lieu le 30 Janvier prochain, les raisons de ces résultats qui par certains égards peuvent être envisagés comme inquiétants.

Le  message qui nous est envoyé par le CNOV avec ces résultats est très certainement celui de l’exigence envers les ostéopathes animaliers non vétérinaires, nous n’y sommes a priori pas opposés. Il s’agit peut-être également de rassurer les rangs vétérinaires qui, pour beaucoup, s’inquiètent d’une réglementation jugée trop permissive à notre égard tout en nous envoyant un message d’autorité. Cependant si sérieux il y a, il doit être nécessairement orienté vers le respect de notre profession, de ses spécificités, de ses valeurs et des référentiels de compétences tel que le titre Ostéopathe Animalier RNCP SFOAE qui demeure un référentiel de compétences professionnelles d’ostéopathie animale exclusive légal.

Une dizaine de professionnels de nos membres ont été reconnus en capacité d’être évalués prochainement. Cette fois deux ostéopathes animaliers non vétérinaires, admis aux épreuves de Décembre et nommés par le Président Guérin, participeront au jury.

Ce groupe de candidats, qui nous représentera est composé de professionnels diplômés et expérimentés, reconnus à la fois dans leurs compétences mais également dans la défense de leur profession. 

Ces évaluations sont difficiles à accepter pour nous, et doivent,  pragmatiquement, être envisagées uniquement comme une obligation  juridique. En effet, l’ostéopathie animale n’est pas et ne doit pas, dans le respect de ses principes, être considérée comme étant de compétence professionnelle vétérinaire. Mais, elle est soumise au contrôle vétérinaire par les dispositions du code rural. Le danger serait de considérer ces examens comme la validation d’un parcours d’apprentissage alors même qu’ils ne reposent, du moins, pour le moment, sur aucun référentiel de compétences et de formation identifié.    

Nous nous sommes collectivement engagés dans cette voie difficile et c’est pour nous l’occasion de dialoguer avec des institutions que nous avons souvent connues contre nous. Dans la plus extrême vigilance et sans renier nos convictions et nos différences, nous devons continuer à nous positionner auprès du CNOV dans la mise en place du dispositif. En effet, ce dernier n’est pas faiseur de loi mais chargé de l’appliquer. Les vétérinaires sont et seront toujours des interlocuteurs privilégiés et quelques soient les résultats de nos actions juridiques nous serons amenés à dialoguer et à collaborer.

Tout ceci demandera du temps et de l’opiniâtreté. Les résultats des prochaines épreuves auront pour tous une haute valeur symbolique. Aussi, nous resterons  vigilants à ce qu’elles se déroulent dans l’esprit et le  respect des textes. Les professionnels ayant obtenus une dérogation des évaluations théoriques, ils ne doivent être évalués que sur leurs compétences professionnelles telles qu’ils les ont reçues et acquises de leurs pairs. Il en va de même sur le contenu des évaluations théoriques et pratiques de nos étudiants ou de professionnels de  moins de 5 ans. Nous ne doutons pas que nous pourrons acter le sérieux et l’intégrité des prochaines épreuves par les inscriptions de nos consœurs et confrères sur les listes des ordres vétérinaires régionaux. 

Quel futur ?

La période qui s’ouvre sera complexe mais elle doit nous permettre d’afficher notre professionnalisme et la cohésion d’une profession capable de se regrouper et de construire un avenir commun. Nous avons largement contribué, avec d’autres, à la création d’un environnement laissant une place possible à l’existence de notre profession d’ostéopathes animaliers exclusifs. Celle-ci doit être reconnue en tant que telle et ses centres de formations agréés ou reconnus au même titre que pour l’ostéopathie humaine.

Pour continuer dans ce sens l’UOA organise son AG à Paris le 24 février 2018. Elle vous soumettra son projet de se transformer en fédération de syndicats et vous informera des derniers évènements ainsi que des modalités d’évaluations théoriques et pratiques.

Chers consœurs et confrères, chers amis, je vous souhaite une très belle année 2018.

Très bonne année 2018 !

Le bureau de l’UOA